La fortune de Lisa Chavy n’a jamais été chiffrée officiellement : elle ne dort pas sur un compte en banque, elle est immobilisée dans les parts qu’elle détient au capital de Livy, la maison de lingerie française qu’elle a fondée en 2017. Une entreprise d’une centaine de salariés, présente dans une dizaine de pays, qui visait 40 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2024 et revendique une cible de 50 millions à l’horizon 2026. Voilà le vrai coffre-fort.
Quelle est la fortune de Lisa Chavy en 2026 ?
Aucune source officielle ne publie le patrimoine personnel de Lisa Chavy. Ni classement Forbes, ni déclaration, ni communication de la marque. Des sites d’estimation de fortune font circuler un chiffre d’environ 4 millions de dollars pour 2022 : il n’est corroboré par aucune source de presse établie, et mieux vaut le traiter comme ce qu’il est, une extrapolation.
Ce que l’on peut documenter, en revanche, c’est la nature de cette fortune. Lisa Chavy est actionnaire et dirigeante d’une société non cotée. Sa richesse est donc essentiellement une richesse de papier : elle vaut ce que vaudrait sa participation le jour d’une cession ou d’une nouvelle valorisation. Tant que Livy grandit sans être vendue, ce patrimoine reste largement théorique. C’est la règle du jeu de presque tous les fondateurs de marques françaises, et elle explique pourquoi les personnalités les plus discrètes sont souvent les mieux dotées.
Comment Lisa Chavy a-t-elle bâti sa fortune ?
Par le produit, avant tout. Originaire de Mâcon, en Bourgogne, elle se forme à la lingerie chez Esmod, à Lyon puis à Paris. Elle passe ensuite par la Société Internationale de Lingerie, où elle dessine pour Dior, Kenzo, Christian Lacroix ou Cacharel. Un apprentissage discret, technique, très loin des projecteurs.
En 2007, le groupe Etam lui confie la direction artistique du lancement d’Undiz. Une marque pensée pour les adolescentes, avec un pari inhabituel : dédramatiser la séduction plutôt que la surjouer. Le succès est net. Dix ans plus tard, elle décide de partir avec une idée précise en tête. « En tant que femme, mais aussi en tant que créatrice, je ne trouvais aucune marque pour laquelle j’avais envie de travailler », confie-t-elle au média The New Siècle.
Livy naît en 2017. Mono-armature bijou, lingerie tatouage, transparences assumées : la signature est immédiatement identifiable. Dès 2019, Victoria’s Secret référence la marque dans ses flagships de New York et de Londres — une validation rare pour une jeune maison française.
Que vaut Livy, la société qui porte la fortune de Lisa Chavy ?
Livy pèse aujourd’hui plusieurs dizaines de millions d’euros de chiffre d’affaires. La marque annonçait viser 40 millions d’euros en 2024 auprès de FashionUnited, puis 50 millions à l’horizon 2026, avec une croissance annuelle revendiquée autour de 35 %.
Le réseau suit la même pente. Une trentaine de points de vente, dont dix-huit en France, et des implantations à New York, Londres, Tokyo, Bruxelles, Genève, Monaco ou Saint-Tropez. Environ 120 collaborateurs. Et 120 000 pièces produites chaque année : à l’échelle de l’industrie textile, c’est minuscule. C’est aussi tout le sujet.
| Indicateur | Donnée | Source |
|---|---|---|
| Création de Livy | 2017 | Groupe Etam |
| Chiffre d’affaires visé | 40 M€ (2024), 50 M€ (2026) | FashionUnited / presse spécialisée |
| Points de vente | ~30, dont 18 en France | Podcast GDIY, 2025 |
| Effectifs | ~120 collaborateurs | Podcast GDIY, 2025 |
| Panier moyen | 550 €, jusqu’à 1 100 € en boutique | Podcast GDIY, 2025 |
| Participation du groupe Etam | 43,9 % du capital | etam-groupe.com |
À retenir
- Aucun chiffre officiel n’existe sur la fortune personnelle de Lisa Chavy.
- Son patrimoine repose sur sa participation au capital de Livy, société non cotée.
- Le groupe Etam détient 43,9 % de la marque, aux côtés de l’investisseur Vog.
- Livy vise 50 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2026.
- Le panier moyen, à 550 euros, place la marque sur le terrain du luxe.
Qui détient vraiment le capital de Livy ?
Le groupe Etam détient 43,9 % de Livy, information publiée sur son site institutionnel, avec une consolidation par mise en équivalence. L’investisseur Vog figure également au tour de table depuis les débuts. Le reste se partage entre la fondatrice et les autres actionnaires, sans répartition rendue publique.
Début 2024, Livy boucle sa première levée de fonds, estimée par la presse spécialisée entre 5 et 10 millions d’euros. Dans la foulée, la marque se dote d’une direction générale — Julie Pellet, passée par Meta — pendant que Lisa Chavy se recentre sur la création et les collections. Un mouvement classique chez les fondateurs-designers, mais rarement anodin : ouvrir son capital dilue mécaniquement la part du fondateur, tout en augmentant la valeur de ce qu’il lui reste. « Mes partenaires m’ont accompagnée en respectant ma force créative », précise-t-elle à The New Siècle.
Pourquoi un panier moyen à 550 euros change tout ?
Parce qu’il fait basculer Livy dans une autre économie. Une marque de lingerie de grande distribution vend beaucoup de pièces à petite marge. Livy fait l’inverse : peu de volume, forte valeur ajoutée, fabrication française mise en avant. Avec 550 euros de panier moyen — et jusqu’à 1 100 euros dans certaines boutiques —, la maison joue dans la même cour que les accessoires de luxe.
Ce positionnement explique pourquoi une entreprise de 120 personnes peut viser 50 millions d’euros. Il explique aussi la prudence de la fondatrice sur l’expansion : chaque ouverture de boutique doit tenir ce niveau d’exigence, sinon l’effet de marque s’érode. Un chiffre d’affaires qui grimpe sans que le prestige suive, dans le luxe, c’est une fortune qui fond.
Quel style de vie pour la fondatrice de Livy ?
Discret, très parisien, organisé autour de l’atelier et des boutiques. Dans un reportage réalisé par Inside Closet, Lisa Chavy raconte une journée type entre réunions de style, rendez-vous photo et passages dans sa boutique de l’avenue Victor-Hugo, où elle s’arrête systématiquement chez un marchand de minéraux du 16e arrondissement — elle se décrit comme « une vraie passionnée de lithothérapie ».
Ses références créatives, elle les cite volontiers : Ali MacGraw, David Lynch pour la lumière, l’architecte Jean Royère pour ses lignes, Helmut Newton pour le noir et blanc. Sur sa vision de la marque, elle formule les choses simplement : « En créant Livy, j’ai voulu accompagner la liberté des femmes, designer une lingerie qui bouscule les codes, avec une vraie personnalité, des twists visuels audacieux. » Aucune exposition ostentatoire, pas de yacht ni de villa exhibée : la réussite se lit ici dans les mètres carrés de boutiques, pas dans les signes extérieurs. Une trajectoire à rapprocher de celle d’autres personnalités devenues chefs d’entreprise.
Jusqu’où peut grimper la fortune de Lisa Chavy ?
Tout dépend de l’Amérique. La fondatrice ne s’en cache pas : « Mon ambition est claire, faire de Livy le leader mondial des marques de luxe de lingerie », déclarait-elle à The New Siècle, en évoquant une croissance de 30 à 40 % par an et une accélération majeure sur le marché américain à horizon 2027. S’y ajoutent deux projets qu’elle a mentionnés publiquement : un parfum et un musée consacré à l’histoire de la lingerie.
Si ce cap est tenu, la valorisation de Livy — et donc le patrimoine de sa fondatrice — changera d’échelle. Si l’expansion américaine se heurte aux coûts du retail new-yorkais, l’histoire sera différente. C’est l’inconfort permanent des fortunes non liquides, à la différence d’un patrimoine de rentier comme celui d’Herbert Léonard, bâti sur les droits d’auteur.
Foire aux questions
Quel est le métier de Lisa Chavy ?
Créatrice et cheffe d’entreprise. Elle est la fondatrice et la directrice de la création de Livy, marque de lingerie premium lancée en 2017, après un parcours chez Dior, Kenzo, Christian Lacroix puis Etam.
Lisa Chavy est-elle toujours propriétaire de Livy ?
Elle reste actionnaire et directrice de la création. Le groupe Etam détient 43,9 % du capital, aux côtés de l’investisseur Vog et de la fondatrice, dont la part exacte n’est pas publique.
Combien de boutiques Livy compte-t-elle ?
Environ une trentaine de points de vente, dont dix-huit en France, avec des adresses à New York, Londres, Tokyo, Bruxelles, Genève ou Monaco.
Reste une question que personne ne pose : que vaut une marque dont la fondatrice dessine encore chaque pièce ? Le jour où Livy sera valorisée par un acquéreur, ce chiffre-là, enfin, deviendra public.








