Une robe bleu marine, des escarpins noirs, et un trophée tendu par Jane Fonda en personne. Le 5 novembre, au Beverly Hilton de Beverly Hills, Salma Hayek Pinault a reçu le Jane Fonda Humanitarian Award, le prix humanitaire des WIF Honors 2026.
Les WIF Honors sont la soirée annuelle de l’association Women in Film, et sa plus grosse collecte de fonds de l’année. L’édition 2026 a distingué plusieurs femmes du secteur : Pamela Abdy a reçu le tout premier Vanguard Award, Hannah Waddingham le Crystal Award pour la télévision, Gemma Chan et Beth de Araújo celui du cinéma pour « Josephine ». Adria Arjona figurait aussi parmi les honorées.
Ce que le prix récompense
La distinction salue un engagement de longue date contre les violences faites aux femmes. Salma Hayek Pinault a cofondé Chime for Change avec Gucci et Beyoncé en 2013, et elle siège au conseil de la Kering Foundation. Sur scène, rapporte Forbes le 6 novembre 2026, elle a crédité son mari François-Henri Pinault d’avoir fourni l’infrastructure qui a permis d’élargir son action, et décrit le dispositif qui forme les équipes de vente du groupe à repérer les signes de violences domestiques. « Je n’aime pas me plaindre de choses que je n’ai rien fait pour changer », a-t-elle résumé (Forbes, 6 novembre 2026).
De « Teresa » à « Frida »
Le chemin tient en trois marches. En 1989, à 22 ans, elle décroche le rôle-titre de « Teresa », télénovela de Televisa diffusée du 7 août 1989 au 26 janvier 1990 : 125 épisodes, son seul premier rôle dans le genre, qui la rendent célèbre au Mexique. Elle part ensuite pour Los Angeles, apprend l’anglais et travaille l’interprétation avec Stella Adler. La révélation vient en 1995 avec « Desperado », de Robert Rodriguez, face à Antonio Banderas. Puis « Frida », en 2002 : elle produit le film avec sa société Ventanarosa, en tient le rôle principal et obtient une nomination à l’Oscar de la meilleure actrice, la première pour une actrice mexicaine. Il lui avait fallu huit ans pour monter le projet.
Ce qu’il faut retenir
Un prix humanitaire ne change pas les chiffres du secteur, et la soirée ne faisait pas semblant du contraire : Pamela Abdy y a dit sa colère devant les obstacles qui subsistent pour les femmes à Hollywood. Ce que la distinction acte, en revanche, c’est un déplacement. Salma Hayek Pinault n’est plus seulement une actrice que l’on récompense pour un rôle : c’est une productrice et une administratrice de fondation, du côté de celles et ceux qui décident et qui financent.
Et si vous relanciez « Frida » ce soir, pour voir ce que huit ans d’acharnement donnent à l’écran ?








