The Batman : d’une noirceur éblouissante !

Dans ce nouveau long métrage dédié au plus célèbre héros de DC comics, le réalisateur Matt Reeves nous offre pendant trois heures un voyage au cœur des tréfonds de Gotham City, où le Chevalier Noir, incarné par Robert Pattinson, n’a jamais mieux mérité ce surnom.

Quand l’esthétique et la brutalité se rencontrent…

Au cœur de “The Batman”, Matt Reeves nous offre non seulement un film qui croise les genres, mais aussi une création cinématographique à l’esthétique soignée et unique. Avec une mise en scène savamment travaillée, les décors sont sublimés, tout comme les acteurs qui s’y fondent, dans un réalisme cru. 

Chaque lieu sert avec intelligence la narration : la boîte de nuit, lieu pourtant festif, marque les esprits  avec son ambiance oppressante, des rues pourtant si lumineuses qui semblent hurler le crime à chaque recoins. Gotham City est esthétique, belle. Mais aussi perdue et rongée par la mafia et le crime. Une ville au bord de l’explosion… chute que le Riddler semble vouloir amorcer.

Au cœur de ces plans savamment travaillés et enchaînés, la violence brute s’y déverse. Pas de sang, le gore n’a pas sa place. Mais les coups donnés par Batman sont puissants et sauvages : Robert Pattinson incarne un vengeur nocturne qui utilise la peur comme un outil, et la violence brute comme sanction. Matt Reeves opte pour une vision dure et réaliste des combats, où le Chevalier Noir porte dans ses poings toute la frustration, les regrets et la souffrance de Bruce Wayne.

Plus qu’un film de super-héros : un thriller !

Film relatant les débuts du Batman, celui-ci n’a pas encore tout l’équipement classique attendu. Bien que milliardaire, et usant de technologies avancées dans son équipement, on constate que son Bat-Signal est bricolé, tout comme sa Batmobile. Paria pour la police, seul Gordon est son allié. Le héros torturé se contente alors de hanter les nuits de Gotham à la recherche de criminels. Peu connu, peu populaire, il devra faire ses preuves en tant que super-héros.

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Le Riddler, incarné avec brio par Paul Dano, lui en donne l’occasion. Mais pas dans un face à face où chacun use de ses pouvoirs toujours plus puissants, comme les films de super-héros nous ont habitués ces dernières années. C’est là que le film montre toute sa finesse : il choisit de revenir aux racines du Batman, en lui rendant son rôle trop vite oublié de meilleur enquêteur au monde.

Dans ce combat contre le temps, où l’intelligence sera l’arme la plus puissante, le Riddler impose ses énigmes, met en jeu la vie de citoyens reconnus et respectés de Gotham… et le Batman devra déjouer ses plans.

« Je suis la Vengeance »

Cette phrase, Robert Pattinson la répétera à plusieurs reprises d’une voix à la fois puissante et inquiétante. Bien loin du très attendu (et connu) “Je suis…Batman”, le héros masqué apporte son aide… par la vengeance. Pour quelle raison un jeune milliardaire en vient-il à user d’autant de violence ? Aucuns flash-backs ne viennent alourdir le rythme du film pour nous relater l’histoire bien connue de la mort des parents de Bruce Wayne. « The Batman » présente des dialogues fins, tout en évocations et suppositions, dont un magnifique moment d’émotion pure offert par les confessions d’Alfred, incarné par Andy Serkis.

Au-delà de Bruce Wayne, la vengeance est une thématique centrale de ce film : Catwoman comme le Riddler, tous ont soif de leur propre justice, avec leur vision et méthode vengeresse. Le spectateur peut alors se questionner sur la légitimité des actes de chacun, et voir les voir évoluer pendant les trois heures de film. Durée peut être un peu trop longue en regard du scénario proposé : une vingtaine de minutes pouvaient être aisément retirées sans que l’on ne perde une once de la saveur torturée et sombre qu’il nous sert.

Personnages tourmentés, malfrats allègrement malmenés, enquête complexe et esthétique de la noirceur : « The Batman » s’adresse à un public mature, qui saura apprécier cette nouvelle approche qui rend honneur aux comics comme au cinéma.

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