Aucun nom. Depuis trente-cinq ans, c’est à peu près tout ce que la presse française est capable d’écrire au sujet de la compagne de Sami Frey. Aucune femme n’est aujourd’hui publiquement identifiée comme la compagne de Sami Frey : la dernière relation documentée de l’acteur est celle qu’il a vécue avec Delphine Seyrig, jusqu’à la mort de la comédienne en 1990. À 88 ans — il en aura 89 le 13 octobre 2026 —, l’homme qui fut le grand amour de Brigitte Bardot n’a plus rien livré de sa vie privée. Et ce n’est pas un oubli.
Qui est la compagne de Sami Frey aujourd’hui ?
Personne ne le sait, et c’est une réponse, pas une dérobade. Aucune source de presse établie — Paris Match, Gala, Le Figaro, Télérama — n’a jamais publié le nom d’une compagne de Sami Frey depuis le début des années 1990. L’acteur ne communique pas sur sa situation sentimentale. Il n’accorde pas d’interview sur ce terrain. Il ne pose pas.
Ce vide documentaire mérite d’être pris au sérieux plutôt que comblé par des suppositions. Les sites qui affirment identifier « la compagne actuelle de Sami Frey » ne s’appuient sur aucune source vérifiable. En réalité, la seule information solide dont on dispose est négative : rien n’a été rendu public, et rien ne laisse penser que l’intéressé souhaite que cela change.
Pourquoi la compagne de Sami Frey reste-t-elle introuvable dans la presse ?
Parce que Sami Frey a bâti, méthodiquement, l’une des carrières les plus exposées et l’une des vies les plus fermées du cinéma français. Les deux ne sont pas contradictoires. Elles se répondent.
L’acteur appartient à une génération qui a vu la presse people se constituer en France — et qui en a fait les frais très tôt. Au début des années 1960, sa liaison avec Brigitte Bardot l’a projeté en une des magazines à scandale pendant des mois. Il n’avait pas vingt-cinq ans. L’expérience a visiblement laissé une trace : à partir du moment où il a pu choisir, il a choisi de disparaître des pages people pour n’exister que sur scène et à l’écran.
Cette discrétion n’a rien d’exceptionnel dans le milieu du théâtre français, où l’on trouve d’autres figures ayant opposé le même refus poli aux questions intimes — on pense à Natacha Régnier, qui a elle aussi choisi le silence. Elle est en revanche devenue rarissime chez les acteurs de cinéma de cette notoriété.
Qui était Delphine Seyrig, la dernière compagne connue de Sami Frey ?
Delphine Seyrig fut la dernière compagne connue de Sami Frey, et ils ont partagé leur vie jusqu’au décès de la comédienne, en octobre 1990, à 58 ans. Le couple n’a jamais été un couple de magazine. Il était un couple de plateaux.
Seyrig, c’est L’Année dernière à Marienbad, Peau d’âne, Jeanne Dielman — mais aussi l’une des militantes féministes les plus engagées du cinéma français, cofondatrice du Centre audiovisuel Simone de Beauvoir, signataire du Manifeste des 343. L’alliance avec Frey, acteur de Beckett, de Pinter et de Nathalie Sarraute, relevait moins du glamour que d’une communauté d’exigence. Trente-cinq ans après, aucune relation publique ne lui a succédé dans le récit officiel.
Que s’est-il vraiment passé entre Sami Frey et Brigitte Bardot ?
Tout commence sur le tournage de La Vérité, le film d’Henri-Georges Clouzot sorti en 1960. Bardot est alors mariée à Jacques Charrier. Frey, lui, est fiancé depuis deux ans à l’actrice Pascale Audret. La liaison dure environ trois ans et occupe durablement la une de la presse à scandale.
Bardot n’a jamais minimisé ce qu’elle lui devait. Elle a décrit Sami Frey comme « un être rare, sensible, angoissé et érudit », resté longtemps, selon ses propres mots, « l’homme de ma vie ». La formule est restée. Elle dit aussi quelque chose de l’homme : pas un séducteur de plateau, un intellectuel inquiet.
La rupture, telle que Bardot l’a elle-même racontée, intervient quand Frey découvre sa liaison avec le musicien brésilien Bob Zagury. Il s’en va. Il n’en reparlera pratiquement jamais. Quand Brigitte Bardot s’est éteinte le 28 décembre 2025, à 91 ans, dans sa maison de La Madrague, l’acteur n’a publié aucun hommage. Fidèle à lui-même jusqu’au bout.
Qui était Pascale Audret, la fiancée laissée de côté ?
C’est le personnage oublié de cette histoire. Pascale Audret, comédienne et sœur du chanteur Hugues Aufray, était fiancée à Sami Frey depuis deux ans lorsque le tournage de La Vérité a tout emporté. Leur relation s’achève en 1960.
Elle poursuivra une carrière solide au théâtre et à la télévision jusqu’à sa mort accidentelle en 2000. Sa fille, l’actrice Julie Dreyfus — née en 1966 de son union avec le producteur Francis Dreyfus, et non de sa relation avec Sami Frey — deviendra connue du public international grâce à Kill Bill. Aucune information publique ne fait état d’enfants de Sami Frey.
Les femmes qui ont partagé la vie de Sami Frey
| Compagne | Période | Statut | Documentation |
|---|---|---|---|
| Pascale Audret | jusqu’en 1960 | Fiançailles rompues | Confirmée |
| Brigitte Bardot | début des années 1960, environ 3 ans | Liaison | Confirmée, abondamment relayée |
| Delphine Seyrig | jusqu’en 1990 | Compagne | Confirmée |
| Après 1990 | — | Inconnu | Aucune source publique |
À retenir
- Aucune compagne de Sami Frey n’est identifiée publiquement en 2026.
- Delphine Seyrig, décédée en 1990, est la dernière compagne officiellement connue.
- La liaison avec Brigitte Bardot, née sur le tournage de La Vérité (1960), a duré environ trois ans.
- Pascale Audret, sœur d’Hugues Aufray, était sa fiancée au moment de cette rupture.
- Aucun enfant de l’acteur n’est documenté par une source publique.
Un vélo et 480 souvenirs : que dit son théâtre de son rapport à l’intime ?
Tout, ou presque. En juillet 1988, à la Chapelle des Pénitents blancs du Festival d’Avignon, Sami Frey crée Je me souviens, d’après Georges Perec. Seul en scène. Et pédalant sur un vélo, pendant toute la durée du spectacle.
Le texte de Perec aligne 480 souvenirs — des bribes d’après-guerre, des publicités disparues, des noms de coureurs cyclistes, des objets quotidiens. Aucune confidence. Que de la mémoire collective. Un homme pédale dans le vide et restitue ce dont tout le monde se souvient, sans jamais dire ce dont lui seul se souvient. Le spectacle lui vaudra le Prix du Syndicat de la critique en 1989 et une nomination aux Molières.
Difficile de trouver métaphore plus exacte d’une vie entière : être là, intégralement présent, et ne rien donner.
Comment Sami Frey a-t-il traversé soixante-dix ans de carrière ?
Par le travail, et par un refus constant des formats attendus. Né Samuel Frei le 13 octobre 1937 dans le 10e arrondissement de Paris, fils de Mendel Frei et Perla Wolf, immigrés juifs polonais, il perd son père à deux ans. Sa mère est déportée à Auschwitz le 14 septembre 1942 et ne revient pas. L’enfant traverse l’Occupation sous une fausse identité en Eure-et-Loir, puis fuit vers Rodez en 1944, après qu’un médecin scolaire a découvert ses origines.
Formé au Cours Simon, il tourne dès 1960 avec Clouzot, puis devient l’un des visages de la modernité française : Bande à part de Jean-Luc Godard en 1964 — le cinéaste auquel Cannes a rendu un dernier hommage en 2024 —, César et Rosalie de Claude Sautet en 1972, La Fille de d’Artagnan en 1994, Number One de Tonie Marshall en 2017. Plus de soixante films.
En parallèle, une carrière théâtrale qui fait autorité : Brecht, Pinter, Beckett, Sarraute, et son Antonin Artaud pour Gérard Mordillat, récompensé d’un Bayard d’or et d’un Fipa d’or au début des années 1990. Il a été fait chevalier de la Légion d’honneur le 2 janvier 1998 et commandeur des Arts et des Lettres le 15 juillet 2002. Il s’est éloigné de la scène en 2021, après plus de soixante-cinq ans de métier.
Le public cherche la compagne de Sami Frey depuis trente-cinq ans et ne trouve rien. C’est peut-être qu’il n’y a rien à trouver — ou plus exactement, rien qui nous regarde. Dans un siècle où la moindre existence se documente en temps réel, un homme de 88 ans a réussi quelque chose de presque disparu : rester entièrement visible et complètement illisible. Le dernier rôle, et sans doute le plus abouti.








