Seize soirs, 33 700 personnes en moyenne, et la même scène posée au centre de l’arène. La première partie de la résidence « Celine Dion Paris » s’est achevée le 17 octobre à la Plenitude Arena de Nanterre, l’ancienne Paris La Défense Arena. Billboard en a publié les comptes le 29 octobre : 125,5 millions de dollars et 539 000 billets vendus.
Le chiffre qui a fait tiquer les professionnels n’est pas le total, c’est la moyenne. 7,8 millions de dollars par soirée. Jusqu’ici, ce record appartenait à U2 et à sa résidence au Sphere de Las Vegas, avec 6,1 millions par représentation. Côté public, l’écart est encore plus net : avec 33 700 spectateurs de moyenne, elle fait presque le double de la meilleure affluence par date jamais relevée pour une résidence dans les archives de Billboard Boxscore.
De Charlemagne à Nanterre
Le point de départ tient sur un 45 tours. « Ce n’était qu’un rêve » sort en juin 1981, une chanson qu’elle a écrite avec sa mère Thérèse et son frère Jacques. Elle a treize ans et elle vit à Charlemagne, petite ville au nord-est de Montréal. Sept ans plus tard, elle remporte l’Eurovision 1988 sous les couleurs de la Suisse avec « Ne partez pas sans moi ». C’est cette victoire qui lui ouvre l’Europe, puis le marché anglophone.
Entre les deux bouts de l’histoire, il y a eu l’arrêt. Son dernier concert complet remonte au 8 mars 2020, à Newark. En décembre 2022, elle annonce elle-même être atteinte du syndrome de la personne raide, une maladie neurologique rare, et renonce à sa tournée. Elle est remontée sur une scène en juillet 2024, le temps d’un « Hymne à l’amour » à la cérémonie d’ouverture des Jeux de Paris. Nanterre, c’est le retour au format concert, six ans et demi après.
Un record, mais lequel
Précisons, parce que les superlatifs circulent vite. Ce n’est pas la résidence la plus lucrative de l’histoire. Ses propres séries de Las Vegas restent devant au cumul : 385,1 millions de dollars pour « A New Day… » entre 2003 et 2007, et 296,2 millions pour « Celine » entre 2011 et 2019. Ce qui change, c’est le rythme. Cinq semaines à Nanterre ont rapporté ce que Las Vegas mettait des années à accumuler, et pour une raison simple : un théâtre et une arène ne jouent pas dans la même catégorie. Le record est réel, il est d’abord un record de format.
Reste que la demande, elle, ne s’explique pas par la jauge : plus de neuf millions de personnes s’étaient inscrites au tirage au sort pour l’accès prioritaire, et les seize dates de 2026 ont toutes été jouées à guichets fermés. Dix soirs restent à jouer, du 8 au 29 mai 2027, toujours à Nanterre, ce qui portera la résidence à 26 concerts. La billetterie officielle n’annonce plus qu’un nombre limité de places et de forfaits pour ces dates. Reste à savoir ce qu’elle garde pour ce dernier printemps.








